IBRAHIM TRAORÉ – FRÈRE AINÉ DE CHOUAÏDOU TRAORÉ

Chouaïdou a fait l’école à Sikasso. Je me souviens qu’un jour, j’ai acheté un vélo pour aller lui donner. C’était un modèle unique dans toute la ville : tout le monde le regardait quand il sortait avec !
Dans son adolescence, il passait son temps dans sa chambre à réviser et à lire. Une fois adulte, il était un homme noble et très pieux.
Quand il est venu à Bamako après l’obtention du bac, il a passé un moment chez moi à Daoudabougou. C’était mon confident. À part lui, personne ne savait que je possédais ce terrain, et je l’avais autorisé à y habiter en raison de la grande confiance que j’avais en lui.
Il m’a un jour approché pour me dire qu’il voulait devenir journaliste et aller étudier à l’étranger. Et Dieu lui a facilité la réalisation de ses ambitions.
À l’époque du président Moussa Traoré, il était l’un des piliers de la révolution et l’a combattu jusqu’à son départ. Nous avions peur en le voyant se dresser contre le pouvoir, mais il nous avait demandé de ne rien craindre, affirmant qu’il avait la situation en main. Il a lutté aux côtés du président Alpha Oumar Konaré et de Mountaga Tall.
Lorsqu’il fut nommé en Arabie saoudite durant le Hajj, le président Moussa Traoré est d’ailleurs passé le voir avec sa femme. Ils ont passé la journée ensemble, et l’ancien président lui a dit n’avoir aucune rancune à son égard.
À l’époque du président Amadou Toumani Touré, il est venu me dire qu’il allait partir en Arabie saoudite pour devenir consul général. Il devait y rester cinq ans, mais y a finalement passé sept ans avec sa famille.
Sa proximité avec le président ATT lui avait d’ailleurs valu d’être considéré comme un adversaire du président IBK. Mais après la victoire d’IBK aux élections présidentielles de 2013, il a reçu un appel d’une personne proche de ce dernier, qui lui demandait d’aller lui rendre visite à Koulouba.
Après le coup d’État de 2012, de nombreuses menaces lui ont été envoyées, car il n’avait pas peur de critiquer leur gestion de l’administration.
Mais Chouaïdou n’était pas le genre d’homme à courir derrière les riches et les puissants ; il n’a donc pas plié l’échine face à cette demande. Quelques jours plus tard, le président IBK lui-même l’a appelé et lui a demandé de venir lui rendre visite au palais présidentiel. C’est ainsi qu’ils sont devenus amis.
Mais il n’a jamais oublié sa famille pour autant : il nous a toujours comblés, même quand nous ne lui demandions rien. Il était toujours en train de nous aider. Et il ne disait à personne ce qu’il faisait pour les autres — un homme d’une intégrité et d’une honnêteté hors du commun.
Chouaïdou Traoré était mon petit frère. Que Dieu ait pitié de son âme. Il était un exemple pour nous tous. Malgré son jeune âge, il parlait déjà comme un érudit ; il me conseillait alors que je suis son grand frère. C’était un homme qui mettait la fraternité avant tout.
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HOMMAGE À CHOUAÏDOU TRAORE : L’ETOILE FILANTE DU JOURNALISME MALIEN

Certaines vies, même lorsqu’elles sont abruptement interrompues, continuent d’illuminer l’environnement, l’existence. Celle de Chouaïdou TRAORE, fait partie de celles-là.
Voilà déjà dix ans ! Dix ans que son absence physique а laissé un immense vide parmi nous, parmi les siens. Et pourtant, cela fait dix ans que sa présence éclatante imprègne chacun de nos souvenirs, chaque succès de notre collaboration, chaque ligne rédigée avec passion.
Aujourd’hui, j’évoque mon jeune frère, mon collaborateur, mon ami, celui beaucoup de gens ignorent qu’il est profondément humain, loin de ses éditoriaux enflammés, mais moralisateurs dont lui seul possède le secret. Je me remémore nos premiers jours ensemble sur sa moto piageot avec cette lueur dans ses yeux lorsque nous discutions dans un coin de la bibliothèque du Centre Joliba de ce qui allait devenir notre aventure commune de création et d’animation du JOURNAL AURORE.
Chouaïdou n’était pas simplement enthousiaste pour cette aventure, il était d’un optimisme débordant. Et pour moi, son ainé, il représentait cette force recherchée, alliant une intelligence aiguë à une sérénité audacieuse. Il ne s’exprimait pas pour le plaisir de parler, mais lorsque sa voix s’élevait, chaque mot avait son importance, chaque idée était soigneusement réfléchie, chaque projet mûrement considéré.
Plus tard, au cœur du tumulte inhérent à la création d’une entreprise, où règne l’incertitude, Chouaïdou s’est affirmé comme notre pilier. Actif, déterminé tout cela semble avoir été forgé spécialement pour lui. Sa méthode de travail alliait la minutie d’un horloger à la passion d’un artiste.
Les nuits sans sommeil n’étaient pour lui que des défis supplémentaires à surmonter. Sa foi en notre rêve était si intense qu’elle devenait contagieuse. Ainsi, lorsqu’il va à l’imprimerie, les autres journalistes l’attendaient jusqu’il débarque à 3 heures du matin avec sa cargaison : le journal imprimé. C’est cette énergie, cette persévérance d’un véritable travailleur acharné, qui a établi des bases solides pour notre succès d’alors. Cependant, au-delà de son statut de collaborateur, il y avait l’homme et le cadet de l’équipe. Un statut qui s’est épanoui non seulement grâce à une vision commune, mais aussi à un respect et une admiration réciproques profonds. Chouaïdou possédait cette rare capacité de vous élever sans jamais éclipser votre propre lumière. Personnellement, il me témoignait grand respect. Ce que je n’ai peut-être pas suffisamment exprimé, c’est à quel point, en retour, j’admirais l’homme qu’il était. Son intégrité était son armure, sa loyauté, sa boussole. Le public, ses pairs, l’admiraient à juste titre. Sa plume était aiguisée, précise, et professionnelle dans le sens le plus noble du terme. Dans un monde saturé de bruit, Chouaïdou représentait la certitude d’un silence éloquent. Peu loquace, mais d’une grande rigueur, il sait sélectionner ses mots, conscient que la vérité n’а pas besoin d’artifices, ni d’exagérations. Il valorisait notre profession par son exigence éthique. Aujourd’hui, je me remémore les rires que nous échangions après chaque bouclage et comité de rédaction et cela souvent après des débuts passionnés. Notre collaboration a duré plus de six ans : un an de préparation de lancement de notre journal et cinq ans de collaboration directe au sein du journal qu’il chérissait tant. Bien qu’il soit parti volontairement du journal comme moi aussi quelques années plus tard, nous avons toujours gardé des relations cordiales : je suis son grand frère, il est mon petit frère. Ce fut un jeune qui a inspiré d’autres jeunes a embrassé la carrière du journalisme. Je peux dire qu’il a été un véritable cadeau pour eux, une étoile filante dont la traînée de lumière continue d’inspirer dix ans après.
Sadou Abdoulaye YATTARA
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Chouaïdou avait une allure unique, surtout quand il allait couvrir des événements. Il gardait sur lui un calepin. Je l’ai rencontré deux fois : à l’ambassade de France et à celle d’Arabie saoudite. À l’ambassade d’Arabie saoudite, il s’approchait d’eux pour leur demander les dates clés et les événements importants. Il m’a toujours respecté et pris conseil auprès de moi, aussi bien dans le cadre professionnel que dans le cadre social, et ce, malgré sa grande sagesse.
Depuis son plus jeune âge, alors qu’il n’avait qu’une mobylette, il se tenait déjà comme un grand professionnel. Il avait confiance en ses propres capacités. Je lui ai demandé : « Pourquoi veux-tu créer un journal alors que tu es jeune ? » Il m’a répondu, en souriant : « Grand frère, il faut oser, la valeur n’attend pas le nombre des années. »
Je lui ai demandé quelles étaient les origines des noms de ses journaux. Il m’a expliqué les avoir découverts durant une formation en Belgique. Je lui ai demandé quel était son but en créant des journaux. Il m’a répondu : « En Afrique, il y a des sujets que nous n’osons pas aborder. C’est cela même que je veux toucher. »
Mais il n’était pas un destructeur : il venait pour attirer l’attention des dirigeants sur les défaillances de leur gestion. Il couvrait les événements des différents gouvernements. C’était un homme d’une intégrité inégalée, qui dénonçait toujours les failles des autorités sans pour autant les dénigrer.
C’était un homme talentueux et plein d’ambitions. Il a été la clé de voûte de la réunification des journaux et avait d’ailleurs réussi à obtenir une aide financière pour la presse malienne.
Il était souvent invité à différents événements internationaux et voulait d’ailleurs ouvrir une école de journalisme en partenariat avec des universités européennes, afin de permettre aux journalistes maliens et de toute la sous-région d’avoir un niveau équivalent à celui de l’Europe.
Il avait la carrure et le charisme d’un journaliste : toujours sur son « 31 » et le sourire aux lèvres. Ses entretiens étaient exceptionnels, et on le rappelait souvent pour se confier à lui ou lui confier la couverture de nouveaux événements.
Il était cordial avec tous ses confrères et demandait la création d’une association pour les journalistes.
BADRA CISSÉ- ENTREPRENEUR ET BEAU-FRÈRE PAR ALLIANCE DE CHOUAÏDOU-
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Chouaïdou était un grand ami à moi ! Ce a été une très grande perte. Nous nous sommes rencontrés sur le terrain de la lutte pour la démocratie, la lutte pour les libertés individuelles et collectives et on peut dire qu’on luttait pour la survie. Parce qu’on s’est rencontré jeunes diplômés et en tant que des étudiants d’abord et jeunes diplômés, nous revendiquions plus de droit sous la dictature. Et là, nous nous retrouvions à différentes rencontres, à différentes initiatives, et on discutait. Nous avons eu beaucoup de sympathie, nous étions très liés pour les idées, les luttes et nous étions toujours à échanger beaucoup sur les terrains des idées et les actions à mener.
L’évènement le plus important que je vais rappeler c’est que nous nous sommes trouvés au tour du journal AURORE qui avait été menacé de fermeture par la dictature et je suis heureuse de faire partie du comité qui a été mis en place pour protéger et éviter que le journal ne ferme et mettre à la rue les jeunes diplômés qui avaient eu le courage d’initier Aurore.
Chouaïdou a été de tous les combats, il donnait la voix aux luttes estudiantines, aux luttes des jeunes diplômés, aux luttes politiques et donc ils écrivaient avec les Maimouna Dembélé , Chouaïdou lui-même et Sadou Yattara. Donc la presse a joué un grand rôle et lui par la suite a eu d’autres initiatives. On connait la suite.
C’est vraiment difficile aujourd’hui d’avancer sans lui. C’est difficile pour les personnes chères. Mais ainsi va la vie, ce que le bon Dieu nous donne, nous devons l’accepter. C’est le bon Dieu qui l’a arraché à notre affection à nous tous. Et nous prions pour le repos de son âme.
Pr ROKIA SANOGO
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CHOUAÏDOU
Il y a des noms qui, en eux-mêmes, constituent une promesse. Et je crois que c’est le cas du nom CHOUAÏDOU qui, en langue arabe, porte une connotation positive de bonheur et de bonne fortune. Et c’est pourquoi chez nous, la première obligation d’un parent est de donner à son enfant un nom ayant une profonde connexion avec nos croyances et notre foi.
Sur ce point précis, il n’y a pas de doute que le marchand, feu Sinaly Traoré et la pieuse ménagère feue Tènin Sanogo ont été sans reproche, auprès des hommes et devant Dieu. Ils devraient être fiers de leur fils, beaucoup plus que les enfants de Chouaïdou pourraient l’être de leur papa.
À l’endroit des enfants de Chouaïdou, il nous semble bon de rappeler que’ «une bonne renommée(d’un parent) est un second héritage ».
En fait l’héritage ce n’est pas pour ses enfants seuls. Il l’est aussi pour nous tous, fils du pays, épris de paix et de justice. Car Chouaïdou a été pour la Nation entière, un homme d’engagement, de combat et de conviction, pour le changement. Chouaïdou fut un véritable éveilleur de conscience ; comme le Mali contemporain en a rarement connu. Pour s’en convaincre, inutile d’aller chercher ailleurs que dans les archives du journal ‘’Aurore’’ qu’il a fondé et animé avec brio et en fanfare au moment où au Mali, disait-on par peur que, même les murs ont des oreilles. À cette époque, la lourde chape de plomb qui a enveloppé le pays depuis le début du pouvoir militaire en 1968 avait fait basculer nombre de combattants maliens dans la clandestinité ou les avait contraints à l’exil.
Chouaïdou a été l’exemple type d’un démolisseur de chaines pour plus de liberté et de démocratie, agissant à visage découvert pour plus de justice sociale et, pour encore davantage de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion du bien public.
Son ambition pour le Mali est sans limites. N’est-ce pas pourquoi Chouaïdou a été, à notre connaissance, le seul journaliste à avoir nourri l’ambition et à avoir entrepris de se présenter à l’élection présidentielle de 2013. Ça c’est du Chouaïdou ! Il a toujours eu un rêve de plus que les autres.
Et il suffit de l’approcher pour se rendre compte jusqu’où Chouaïdou était un homme au-dessus des hommes ordinaires. Un homme faiseur d’hommes, toujours prêts à franchir les limites du possible. Il ne connaissait pas peur et ne tremblait devant aucune aventure, fut-elle la plus folle. Mais dans ses aventures, il embarquait et traitait toujours avec les meilleurs.
Et c’est en cela que ma rencontre avec lui en août 1990 a complètement changé ma vie. Et ce fut un énorme privilège que d’avoir été son adjoint à la rédaction du Journal ‘’Aurore’’.
Chouaïdou fut un gros bosseur. Dès qu’il arrive au bureau, il se débarrasse de son costume, de sa cravate, de ses chaussures et retrousse très haut les manches longues de ce genre de chemises qu’il affectionnait tant. Chouaïdou était très rigoureux dans le travail qui, pour lui n’avait de sens que pour la perfection. Il était toujours le premier à venir au bureau et le dernier à en repartir après qu’il se soit assuré que nous avons réussi une œuvre presqu’irréprochable. En comité de rédaction, il n’insistait nullement sur les erreurs de détail parce qu’il était convaincu que le prochain numéro du journal sera encore meilleur.
On entre en journalisme pour ne plus jamais en sortir. En voici un adage qui sied au diplomate qu’il a été. Un autre métier d’élite qu’il a exercé avec honneur et conviction.
C’est après son retour de l’Arabie Saoudite que certains ont découvert en Chouaïdou ce que nous nous savions déjà : un homme profondément religieux. C’est là-bas en Arabie que s’est révélé en lui tout ce que sa mère pieuse lui avait transmis. Et ce ne fut nullement un simple hasard que, comme par hasard, Chouaïdou a été choisi par deux fois parmi les rares personnes qui ont eu le privilège de nettoyer la sainte Kaaba, comme il est de coutume de le faire en Arabie Saoudite.
Outre tout ce qu’il a fait pour lui-même, pour sa famille, pour les autres et pour le Mali, nul doute que, rien ça lui vaudra le Paradis éternel où il nous attend depuis ce jour fatidique du 12 Novembre 2015. Prions, encore et toujours, pour Chouaïdou. Amina !
BELCO TAMBOURA – Journaliste et Ami du défunt
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CHOUAÏDOU TRAORÉ : DIX ANS DÉJÀ !
En ce jeudi 12 novembre 2015, la nouvelle du rappel à Dieu de Chouaïdou Traoré m’est tombée dessus comme un coup de massue. Je m’y étais plus ou moins préparé, mais peut-on jamais vraiment se préparer à une épreuve dont ALLAH SWT demeure le seul Maître des Horloges ?
Je peux en témoigner : Chouaïdou fut avant tout un militant, un véritable artisan de la transition démocratique malienne. À une époque où la presse privée n’en était qu’à ses balbutiements, il sut relever le défi audacieux — dans un contexte encore dominé par le parti unique — de cofonder un journal indépendant et engagé : L’Aurore.
Puis vint Nouvel Horizon, dont il me fit l’amitié et la confiance de partager le projet, le choix du titre et tant d’autres aspects. Ce quotidien joua un rôle majeur dans l’éveil démocratique du Mali, à travers des éditoriaux incisifs, des enquêtes rigoureuses et une exigence professionnelle sans compromis.
Cette même exigence le poussa à créer un autre quotidien : Le Soir de Bamako. Ce fut un double pari : paraître l’après-midi et diriger simultanément deux quotidiens, ce qui pouvait sembler une témérité. Il releva pourtant ce défi avec brio, maintenant la vitalité des deux titres, y compris lorsqu’il dut assumer des missions diplomatiques ou suivre de longues formations loin de ce Mali qu’il portait si profondément dans son cœur. Après sa disparition, son œuvre fut dignement poursuivie par son épouse courageuse et sa fille, dont il doit être fier dans l’au-delà.
Pour avoir bien connu Chouaïdou Traoré, je peux affirmer qu’il incarnait de nombreuses valeurs : le courage, l’éthique professionnelle, l’engagement citoyen et le patriotisme.
Je me souviens qu’au terme d’une campagne présidentielle particulièrement ardue, s’appuyant sur son approche anglo-saxonne du journalisme, il appela à voter pour le candidat Mountaga TALL — non par amitié, précisa-t-il, mais par conviction, en raison de la solidité du programme et de la personnalité du candidat. Il en paya le prix, mais il assuma pleinement son choix.
Musulman fervent — je l’appelais affectueusement « Senoufo Almami » —, Chouaïdou sut relever deux défis essentiels à toute œuvre durable : former et transmettre. Il inspira, forma et accompagna de jeunes journalistes qui, aujourd’hui, assurent fièrement la relève.
Chouaïdou est parti, mais il n’a pas disparu. Le Mali a encore besoin de voix comme la sienne : des journalistes qui osent, des médias qui résistent, des citoyens qui s’engagent.
Chouaïdou ! Ta plume demeure, ton exemple inspire, ton combat continue.
Ton parcours, bien que trop tôt interrompu, a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire médiatique et démocratique du Mali.
Dors en paix !
Me MOUNTAGA TALL
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C’est toujours difficile de parler de feu Chouaïdou Traoré, un homme sincère, discret, humble, modeste…Surtout il avait un sens élevé pour la religion musulmane.
C’est pourquoi, je ne peux commencer mes mots, sans lui rendre un grand et vibrant hommage pour tout ce qu’il a fait pour les autres, avant de partir. Nous continuons toujours à prier pour lui et tous nos devanciers.
Que le paradis soit sa demeure. Tout le monde le sait bien, il a dédié sa vie à la cause des autres. Il a toujours cherché le bonheur pour les autres, mais jamais pour lui seul. Il a toujours partagé son bonheur avec les autres.
Nous-nous sommes d’abord connu sur le plan professionnel et commercial dans le cadre du journalisme. Il est important de préciser que de son vivant, Chouaïdou a toujours été considéré comme une icône de la presse malienne. Il a joué un rôle central dans l’essor de la presse privée au Mali. M. Traoré a été de tous les combats pour une presse privée libre et indépendante. Je retiens surtout de lui, un bosseur qui ne se fatiguait jamais dans le combat pour la cause commune. Il était toujours là pour les autres. En un mot, il était la voix des sans voix. Il a toujours porté haut la voix de ceux qui ne savaient pas où se plaindre. Grâce à son combat à travers sa plume, pour la plupart des cas, ceux-ci ont eu gain de cause. Sa plume, qu’il n’hésitait pas à tremper dans les plaies quand il le fait, a fortement contribué à trouver des solutions à des préoccupations communes. Il accordait peu d’importance à l’argent, mais était plus que jamais dévoué pour la plume journaliste qui était en quelque sorte sa vie de tous les jours.
C’est après plusieurs années de collaboration, que Dieu faisant bien les choses, nous-nous sommes retrouvés plus renforcés à travers un lien de mariage. J’ai marié la fille de son grand frère. Toute chose qui a donné une autre dimension à nos relations qui étaient déjà très bonnes. De son vivant, il a toujours été pour moi, un parent, un conseiller, un collaborateur hors-pair. C’était quelqu’un qui ne transgressait jamais son prochain. J’estime que cela avait un lien avec l’importance qu’il accordait à la religion musulmane. La prière était sa vie quotidienne. C’était difficile de le rencontrer sans qu’il ne te parle de Dieu. C’était une manière pour lui de guider tout le monde sur le droit chemin menant au Tout Puissant. Dans ce domaine, il a aussi vraiment mouillé le maillot. Dans l’ombre et dans l’anonymat total, il a résolu beaucoup de problèmes pour le grand bonheur des autres.
Qu’il se repose en paix !
ABDOULAYE TRAORE DIT PELÉ DU JOURNAL LE RÉPUBLICAIN

IN MEMORIAM : Il y a 10 ans, disparaissait Chouaïdou Traoré !
Dix ans, c’est comme si c’était hier ! Dix ans déjà, mais nous n’arrivons pas à t’oublier. C’est ce 12 novembre 2015, qu’on annonce ta mort. Chouaïdou Traoré, n’est plus. L’ancien Consul général du Mali en Arabie Saoudite est parti pour toujours. Mais les grands hommes ne meurent jamais. Ils se reposent.
Chouaïdou, voilà dix ans que tu es parti. Mais tes souvenirs ne nous quittent jamais. On se rappelle de l’homme, le grand-homme que tu fus. Beaucoup t’ont connu en tant que journaliste. Mais, nous, nous t’avons connu en tant que frère, père, ami, neveu… Un homme au grand cœur, simple et entreprenant.
Chouaïdou Traoré, fut Directeur-Fondateur des quotidiens Nouvel Horizon et Soir de Bamako. Très connu dans le domaine des médias où il s’est donné corps et âme, Chouaïdou Traoré a eu droit à l’hommage de la nation à travers la présence de son Excellence, le président de la République (Ibrahim Boubacar Keita) et celle de nombreuses personnalités du pays. Tu as été décoré à titre posthume par le chef de l’Etat comme Chevalier de l’ordre national, signe de ta grandeur.
Chouaïdou n’était pas un simple journaliste. Il était aussi conseiller, médiateur, un appui certain pour beaucoup de personnes, prêt à aider, à donner avec cœur et joie, sans jamais se rechigner. Ton parcours a inspiré beaucoup de jeunes journalistes. Et beaucoup de jeunes ont pu apprendre le métier en signant dans tes Rédactions. Tu as été dans toutes les luttes : lutte pour la démocratie ; lutte pour la liberté de la presse ; lutte pour l’honneur et la dignité. Ton départ est prématuré car, ce monde avait encore besoin de toi. Mais pour Dieu, ta mission est bien terminée. La relève est bien assurée. Relève que tu as su préparer comme si tu savais que le temps était compté pour toi. Jamais, nous ne t’oublierons. De là où tu te trouves, prie pour nous comme nous prions pour le repos éternel de ton âme.
TIÉMOKO TRAORÉ- DIRECTEUR DE PUBLICATION DU JOURNAL « LE POUCE »
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UNE FIGURE EMBLÉMATIQUE DE LA PRESSE PRIVÉE
Derrière son humour surprenant et décapant, sa générosité et sa rigueur professionnelle, Chouaïdou Traoré reste parfois atypique. On découvre toujours quelque chose avec lui et il a toujours plus d’un tour dans son sac (rires). Pour l’essentiel, on peut retenir de l’homme que : Chouaïdou a été un acteur du mouvement démocratique. Il a contribué avec des confrères comme Sadou Yattara, Aurore, Tiegoum Boubèye Maïga, Les Echos, (entre autres) à l’avènement de la démocratie au Mali. Brillant journaliste et éditorialiste, il a marqué la presse de la décennie 90 et des années 2000. Il a ainsi apporté en ¼ de siècle de son mieux à la presse privée et à la démocratie par ses qualités professionnelles et son activisme qu’on ne lui rend pas trop. Il a créé avec Tiegoum (secrétaire général), quatre confrères et moi-même la première Association Privée de la Presse Privée (ASSIPREP). En outre le promoteur et manager émérite de médias qu’était Chouaïdou a aidé et accompagné nombre de confrères dans ce noble métier. De Nouvel horizon à Soir de Bamako en passant par le 1er Quotidien de la Presse Privée sans oublier Aurore, le pionnier. Le modèle pour ne pas dire le Label Chouaïdou est et demeure avec une génération de Journalistes et Promoteurs de médias qui ont marqué la presse et continue d’être des acteurs incontournables de la Presse malienne. Il faut juste continuer d’espérer que HANANE, sa chère et brave épouse, sa fille Hawa, sa sœur et la fratrie continuent de faire couler l’encre de sa plume et de porter haut le flambeau. Du reste, je laisserais à plus qualifié et avisé que moi de parler de son apport à la diplomatie qu’il a aussi servie. Qu’Allah le miséricordieux l’accueille dans le plus sublime des jardins, son Jannatul firdaws.
EL HADJ MAHAMANE HAMEYE CISSÉ
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Il y a 10 ans , la presse maliennes et le monde des Affaires Étrangères perdaient un homme d’exception en la personne de Chouaïdou TRAORE. Affectueusement appelé « Excellence », un collaborateur de confiance qui a apporté à son métier toute sa force. Monsieur Chouaïdou TRAORE, journaliste hors pairs, dévoué à la nation au niveau du monde diplomatique. Tout au long de sa carrière diplomatique, consul général du Mali à Djeddah pendant Sept ans, Un journaliste diplomate.
Chouaïdou Traoré s’est distingué par son intégrité, sa courtoisie et son sens élevé du devoir public. Je me souviens quand je suis allé il y a quelques années à Djeddah pour faire la Oumrah ; Ah ! toute la ville de Djeddah parlait de Chouaïdou. J’ai rencontré le consul sur place qui m’a demandé quel était le secret de Chouaïdou Pendant son séjour à Djeddah parce que la population ne cessait de parler de ce Chouaïdou. Ce jour-là , Chouaïdou n’était plus mais j’ai beaucoup pleuré !
Tout ce qu’on peut faire pour Chouaïdou c’est de faire beaucoup de bénédictions, beaucoup de prières pour que son Âme repose en paix !
CHAKA SIDIBÉ- AMI DE CHOUAÏDOU ET ANCIEN COMPTABLE AU CONSULTA DU MALI EN ARABIE SAOUDITE
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SOUVENONS-NOUS DE : FEU CHOUAÏDOU TRAORÉ DÉCÉDÉ LE 12 NOVEMBRE 2015
Un sage, un humble, un humain nous a quittés
Le doyen Chouaïdou Traoré fondateur des journaux « Nouvel-Horizon » et de le « Soir de Bamako », l’un des pionniers de la presse privée au Mali est décédé le jeudi 12 Novembre 2015. Le Diplomate car celui que nous appelions, affectueusement, « CHEF » fut le Consul General du Mali à Djedda en Arabie Saoudite de 2003 à 2010. Un Poste où il a servi avec dévouement et professionnalisme pour mériter la confiance de son frère et ami feu le Président Feu Amadou Toumani Touré. Après cette mission pour servir le Mali, Chouaïdou Traoré a décidé de reprendre la direction des journaux pour servir avec la passion qui l’a toujours animé. Reconnu par ses camarades et amis de la classe politique, de l’administration et de la société civile (Dieu seul sait qu’il en avait) et confrères pour son sens aigu du devoir, sa disponibilité, chef Chouaïdou Traoré, pour tous ceux qui ont eu la chance et le privilège de le côtoyer, incarnait les valeurs fondamentales qui font l’honneur de la presse. Le journaliste Diplomate feu Chouaïdou Traoré, se distinguait, surtout par sa sagesse, son humilité et son humanité. Le Fondateur des journaux Le « Nouvel -Horizon » et de Le « Soir de Bamako », Feu Chouaïdou Traoré a laissé une empreinte indélébile sur la profession. La perte de Chouaïdou Traoré est une épreuve douloureuse pour des générations de journalistes qui ont eu la chance et le grand bonheur d’apprendre à ses côtés. Son dévouement et sa passion pour le métier de journaliste resteront une source d’inspiration pour tous. Tout au long de sa carrière, Chouaïdou Traoré a incarné les valeurs les plus nobles du métier de journaliste : rigueur, intégrité et courage. Son style à la fois incisif et élégant a marqué les esprits au Mali où on trouvait beaucoup de plaisir à délecter ses éditos. Son engagement sans faille a fait école. Et même aujourd’hui son héritage continue de guider. Chouaïdou Traoré, certes, n’est plus mais son héritage résonne encore à travers les journaux Le « Nouvel-Horizon et Le « Soir de Bamako »qu’il a fondés .
Parler de vous chef Chouaïdou Traoré est à la fois redoutable et exaltant pour un journaliste que vous fûtes .Néanmoins ,de nos nombreux échanges ,il m’est possible de relater quelques souvenirs ou enseignements de vie retenus .Pour vous avoir approché et beaucoup échangé avec vous sur des sujets divers ,je veux dire que mon chef qui me taquinait parfois ,aimait vraiment les gens ,que l’amour qu’il prônait et dont il avait fait le slogan de son Entreprise n’était pas un simple mot .Et la flamme continue de briller car Le « Nouvel Horizon » et le « Soir de Bamako » continuent fièrement de guider les maliens en les informant ,les sensibilisant et leur fournir des informations saines au quotidien .Chef Chouaïdou tu as fait ta part ici.
Puisse Dieu , dans son infinie bonté ,vous accorder le repos éternel !
LAYA DIARRA
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CHOUAÏDOU TRAORE : LA PLUME D’OR A JETÉ L’ENCRE
Depuis dix ans l’illustre journaliste, qui a bien marqué son temps, a choisi le silence comme réponse à tout. Avec ce voyage sans retour, il nous a laissé l’image d’un intellectuel mature, jamais en colère, toujours souriant, courtois, modeste.
Oui, Chouaïdou TRAORE, car c’est de lui qu’il s’agit, n’a jamais grondé un journaliste ou un administrateur quelconque du journal. Il avait une réponse à tout, dans le calme, la douceur voire l’enthousiasme digne d’un véritable communicant. Il incarnait le savoir dire et le savoir-faire. Pas un chef mais un bon patron.
Ceux qui l’ont connu, savent qu’il était un éditorialiste confirmé, qui savait secouer le cocotier. Ses articles de presse étaient clairs, précis, concis, poignants.
J’ai été le premier journaliste qu’il a recruté pour créer Nouvel Horizon. Ensuite il m’a fourni les matériels pour créer Le Soir de Bamako en tant que Directeur de publication, chargé de recruter le personnel. C’est plus tard que nous avons fait un récépissé modificatif pour mettre le journal en son nom. Bref, de 1992 à 2001 j’ai été journaliste reporter puis Rédacteur en chef, ensuite Directeur de la Rédaction du journal « Nouvel Horizon ». Et de 1996 à 2001, Directeur de publication puis Directeur de la Rédaction du journal « Le Soir de Bamako »
Un moment Chouaïdou est parti aux Etats-Unis, alors il a mis le journal « Nouvel Horizon » en gérance libre avec une forte personnalité du pays. J’ai été le fondé de pouvoir chargé de la conduite professionnelle du journal et Sambi Touré le Gérant chargé de sauvegarder les intérêts commerciaux de cette personnalité.
C’est dire à quel point Chouaïdou et moi nous étions des complices. Un regard croisé nous suffisait pour communiquer et se comprendre aussitôt. Ensemble nous avons relevé beaucoup de défis. Nous avons passé des nuits entières ensemble à la rédaction à cause du délestage, personne ne rentrait à la maison, car Chouaïdou n’a jamais accepté de me laisser seul avec les journalistes dans la galère. Nous avons trimé ensemble, dit-on. En effet, il ne fallait pas rater la fourniture de l’électricité pour le peu de temps de service disponible (quelques heures) car les pannes pouvaient durer jusqu’à deux journées entières. Je me rappelle également qu’à nos débuts, on passait la journée sans manger.
Bref, Chouaïdou a été pour moi ce collaborateur de haute classe, ce grand visionnaire pourtant modeste, pas du tout hautain, un journaliste professionnel à tous égards.
Que son âme repose en paix !
MAMADOU DABO, PROMOTEUR DU JOURNAL LE ZÉNITH BALÉ
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HOMMAGE AU CHEF CHOUAÏDOU TRAORÉ : UNE VIE BRÈVE MAIS RICHE
En ce 12 novembre 2025, dix ans après votre rappel à Dieu, nous nous réunissons pour vous rendre un vibrant hommage. Chef Chouaïdou Traoré, vous avez été bien plus qu’un patron de presse ; vous avez été une référence et un façonneur de talents pour des milliers de jeunes, dont beaucoup sont aujourd’hui des figures incontournables des médias, de la magistrature, et de l’administration.
Un Héritage Médiatique et des Prédictions Réalisées
Votre vision était avant-gardiste. Dramane Aliou Koné, dit DAK, avec le journal Renouveau, sa radio et sa télévision, est la parfaite illustration de votre rêve de créer un groupe de presse multimédia, un objectif que vous aviez formulé après votre expérience américaine. À votre école, des cadres sont devenus magistrats, d’autres sont intégrés à l’administration, mais la majorité ont lancé leurs propres journaux, à l’image de notre génération : Daba Balla Keita, Dado Camara, et bien d’autres. Votre influence s’étend même à la sphère internationale, notamment avec des journalistes comme Moussa Kondo. Vos prédictions sur l’émergence des réseaux et de la presse en ligne se concrétisent aujourd’hui. Ce qui paraissait un rêve à l’époque est devenu une réalité. Le scepticisme que vous exprimiez quant à l’avenir de la presse papier est désormais un sujet central de discussion pour les professionnels du monde entier.
Un Patron Engagé et un Journaliste de Talent
Vous faites partie des journalistes qui ont courageusement combattu le régime du général Moussa Traoré dans les années 90. Malgré votre jeunesse, votre plume était déjà d’une grande influence à travers le pays. L’histoire retient que si La Roue fut le premier journal privé du Mali, suivi par Les Échos, il faut reconnaître qu’après votre départ du journal Aurore, vous avez fondé en 1991 Nouvel Horizon. 1996 création du premier quotidien du soir au Mali, Le Soir de Bamako. Grâce à votre passage dans la diplomatie, vous avez su mettre en place une équipe solide pour assurer la relève avant votre départ pour les États-Unis. Il faut saluer votre génie entrepreneurial, qui vous a amené à fonder Le Soir de Bamako, le premier journal du soir au Mali, en accueillant et en formant de nombreux stagiaires, dont nous faisons partie. « Il n’était pas facile de travailler avec lui parce que c’est un homme qui tenait beaucoup au respect de l’éthique et à la déontologie de la presse professionnelle. ».
Des Valeurs et une Humanité Inoubliables
Chef, vos sages paroles sur l’Islam, notre religion, résonnent encore. Nous constatons, avec regret, que l’islam tolérant que vous défendiez diminue face à des prêches qui ont changé de manière radicale. Là aussi, vous étiez en avance sur votre temps, et vos conseils sur le terrorisme et le radicalisme, basés sur des solutions locales et nos réalités territoriales, restent des piliers pour nous. Vous étiez un homme simple, humble, affable et plein d’humanité. Vous ne connaissiez pas les problèmes avec les autres ; en cas de différends, vous cherchiez toujours à apaiser les tensions. C’est pourquoi, même si vous nous demandiez de vous appeler « le Chef » et non « le Patron », vous étiez le chef juste qui tranchait avec équité. Aujourd’hui, nous vous pleurons non pour les faveurs reçues, mais parce que vous étiez un être profondément humain, l’homme du juste milieu qui trouvait une solution à tous les problèmes. Vous n’avez jamais cherché à vous vanter d’avoir contribué à la chute d’un régime par votre plume. Vous avez laissé un lourd héritage : les deux journaux continuent de prospérer grâce à votre épouse, Hanane Keita, et à vos filles, Sarah et Awa, ainsi qu’à l’équipe restée fidèle. Votre force résidait dans votre humilité et l’amour inconditionnel pour votre mère, qui était tout pour vous jusqu’à votre dernier jour. Chouaïdou Traoré, grande plume du Mali, vous saviez transmettre les messages les plus difficiles avec humour, souplesse et légèreté. Des journalistes comme Idrissa Diakité, qui a suivi votre école, témoignent de votre intégrité, un modèle pour ceux qui ont créé la presse au Mali, restant intègres malgré tous les soubresauts. Votre souvenir est une bénédiction. Reposez en paix, CHEF.
KASSIM TRAORÉ
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HOMMAGE À CHOUAÏDOU TRAORÉ, MON AMI !
Dans l’ombre des rédactions, sous la lumière crue des projecteurs, Chouaïdou se dresse, plume en avant, cœur en alerte.
Il traque la vérité comme un chasseur traque la proie dans les ruelles sombres, les couloirs du pouvoir, les silences complices.
Chouaïdou fait partie des précurseurs de la liberté de la parole étouffée. Il était l’incarnation du courage. Il a défié les tempêtes, les menaces voilées, les pressions sournoises, les balles perdues de mars 1991.
Sa plume, fut un phare dans la nuit des mensonges. Sa voix a éclairé les oubliés, les opprimés, les sans voix. Chacun de ses mots était un acte de résistance.
Hommage à toi, porteur de lumière, qui a tout risqué pour que nous sachions. Ton stylo fut une arme et ton nom gravé dans l’histoire ne s’effacera jamais.
Reposes en paix, tes collègues et tes enfants continueront le combat , car tant qu’un journaliste respire , la LIBERTÉ, elle, ne meurt pas.
ISSA TAMEGA

C‘est pendant la période de braises, celle des mouvements de revendication des libertés individuelles et collectives, de la Démocratie en 1990, que j’ai fait la rencontre de Chouaïdou Traoré, alors journaliste au journal Aurore, l’un des trois journaux privés du pays. Homme de conviction, d’un commerce agréable, Chouaïdou Traoré avait d’ans l’âme l’amour du Mali.
Lorsqu’il a créé un peu plus tard les journaux Nouel Horizon et Soir de Bamako, on découvre un travailleur acharné, un journaliste imaginatif et pondéré. Il commençait toujours une des rubriques de son journal Nouvel Horizon par « Bissimi lahi Rahamani Rahim » . Un jour je l’ai interpellé sur la raison d’une telle introduction surtout de la part d’un Traoré de Sikasso (les Traoré sont mes cousins par alliance). Il répond que parce qu’il n’est pas « un gros manika » , encore moins un communiste !
Lorsque l’occasion nous était donnée, je lui faisais le reproche amical, qu’il est moins tendre dans ses analyses avec l’A.DE.MA qu’avec le C.N.I.D, (deux associations politiques qui sont la tête de proue du combat pour la Démocratie) . Avec son sourire innocent, il me disait qu’il me comprend vu ma coloration. Je lui rétorquais que le 18 Octobre 1990 j’étais dans la villa n° 70 au quartier Faladiè, pour la création du C.N.I.D !
Le 24 Décembre 2005 lorsque l’avion qui transportait des pèlerins se posa sur le tarmac de l’aéroport international de Médine nous trouvions au bas de la passerelle Chouaïdou Traoré, alors Consul du Mali à Djeddah pour l’accueil. Il s’écria en riant : toi, le communiste aussi ! En compagnie du professeur Gaoussa Diawara (Paix à son âme), Chouaïdou Traoré nous aida à ranger nos bagages dans le bus.
Toute vie goûtera la mort a prescrit Allah (SWT) ,le Créateur des deux mondes . Chouaïdou Traoré, un combattant de la démocratie et des Droits de l’Homme; là où il se trouve au Paradis, il est un homme comblé . Madame Awa Chouaïdou Traoré , sa fille aînée et son équipe ont non seulement bien tenu la baraque, mais, ils ont fait mieux dans un pays où, face aux difficultés abyssales, chaque jour vécu est une victoire.
Le patriarche, Pr Ali Nouhoum Diallo (Qu’Allah le garde en bonne santé), patriote dans l’âme et démocrate devant l’Éternel, aux propos francs et sincères, ne tarit d’éloges à l’endroit de Nouvel Horizon qu’il classe parmi les 4 ou 5 meilleurs journaux maliens du moment. Une reconnaissance pour la rédaction actuelle et pour Chouaïdou Traoré.
Qu’Allah reçoive Chouaïdou Traoré dans Son Paradis éternel. Qu’Allah veille sur le Mali et les maliens.
HAMIDOU KONATÉ – JAMANA/LES ÉCHOS.
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Je dois à l’honnêteté de dire que je n’ai pas côtoyé de près Chouaïdou Traoré (paix à son âme), mais force est de reconnaître qu’il a été l’un des pionniers les plus en vue de la presse libre et indépendante au Mali dans les années de braises aux côtés des Alpha Oumar Konaré, Abdoulaye Barry, Mme Diakité Sanaba Sissoko, Ousmane Sy, Tiégoum Boubèye Maïga, Aboubacar Saliph Diarra, Boubacar Kéita de la Roue, Sadou Yattara, Belco Tamboura, Mahamane Hamèye Cissé, Aly Diarra… la liste n’est pas exhaustive.
Au même titre que Les Échos, Aurore, La Roue, Le Scorpion… s’arrachaient comme du petit pain en raison de la qualité des informations, respectueuses de l’éthique et de la déontologie du métier, mais sans concession sur l’ouverture démocratique, le respect des droits de l’Homme et la lutte contre la corruption et la délinquance financière.
Chouaïdou Traoré, dans la fleur de l’âge, a été de ceux qui ont inoculé le virus du journalisme à de nombreux jeunes diplômés qui, en attente d’un hypothétique emploi, ont trouvé en ce métier une bouée de sauvetage. De nombreux jeunes qui ont choisi d’imiter Chouaïdou et ses contemporains ont finalement trouvé leur salut dans la pratique du métier et ont atteint un niveau d’épanouissement inespéré.
Je retiens de l’homme son punch dans les débats, sa prestance irréprochable et son attachement viscéral à la justice sociale à travers ses éditoriaux de belle facture et toujours bien à propos, ses articles de fond, ses enquêtes… faits dans les règles de l’art dans une maîtrise parfaite de la langue de Molière.
Oui, on ne pouvait que s’inspirer de loin de cet homme au sourire radieux qui n’a pas fait que du journalisme, mais a servi le Mali au niveau diplomatique également.
Je note avec grand plaisir que le flambeau est bien tenu par nos enfants qui sont incontestablement en train de gérer le legs de façon professionnelle et humaniste. Comme pour dire que bon sang ne saurait mentir.
En ce 10 eme anniversaire de la disparition de Chouaïdou Traoré, je m’incline devant sa mémoire et prie pour le repos éternel de son âme et de tous les défunts musulmans .
Abdoul Majid Thiam
Journaliste Les Echos (1991-2016)
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