10 ans que Chouaïdou TRAORE ancien diplomate fondateur du quotidien NOUVEL HORIZON a définitivement déposé la plume

Le temps passe, mais les souvenirs et les actes posés demeurent. Cela fait aujourd’hui une décennie qu’Allah le Tout puissant a rappelé auprès de lui un de ses fidèles serviteurs. À la fleur de l’âge, jeune comme pourraient le qualifier certains, c’est à 48 ans que Chouaïdou TRAORÉ, fils de Sinaly TRAORÉ et de Tenin Sanogo a définitivement déposé la plume. En ce jour du jeudi 12 novembre 2015 où l’annonce de son décès a retenti depuis l’hôpital du Point G ou il avait été évacué, c’est la famille, les amis, les proches, collègues de travail et connaissances qui ont pleuré celui qui aura marqué des centaines de vies. Ce vendredi 13 Novembre 2015 ou a eu lieu ses funérailles, l’homme qui aura dévoué sa vie entière à sa famille, à ses proches , a sa carrière et à son pays a reçu les hommages de la Nation à travers des obsèques dignes de ce nom ou le chef de l’Etat le défunt Ibrahim Boubacar Keita qui n’était autre que son ami, a fait le déplacement afin de donner un dernier au revoir à son très cher frère. Ce jour-là, la nation entière a pleuré l’homme qui est connu et réputé pour son sens élevé du partage, de la cohésion, de l’entente, de la famille, sa piété, son sens élevé du patriotisme. Élevé au grade de chevalier de l’ordre national du Mali à titre Posthume, 10 ans après son départ, les souvenirs de Chouaïdou continuent de vivre à travers sa famille, ses proches, ses collègues et ses journaux qu’il a fondés et entretenus avec passion et dévotion. Décédé avant l’âge de 50 ans, Chouaïdou aura eu une courte vie mais remplie et au-delà des ambitions.
Fils de feu Sinaly TRAORÉ, commerçant de cola, de sel et de poisson fumé et de feue Tenin Sanogo c’est le 09 Mai 1967 qu’est né Chouaïdou TRAORÉ à Sikasso. Dernier d’une grande fratrie, Chouaïdou n’a malheureusement pas connu l’affection d’un père, ce dernier étant décédé alors qu’il n’avait que deux ans. C’est entouré de ses mamans, frères et sœurs que Chouaïdou Grandi, choyé mais aussi conscient des réalités et des difficultés qui l’entourent. Très tôt, le jeune Chouaïdou ressent déjà la charge d’entraide de la famille, raison pour laquelle, il accompagnait souvent sa mère, Tenin Sanogo, vendre des articles au Marché. Féru de lecture et ayant une soif innée d’apprendre, Chouaïdou s’est très vite tourné vers la lecture qui a sculpté sa personnalité d’épistémophile au fil du temps. Instinctivement alors que certains jeunes préfèrent profiter de leur jeunesse et des fruits de la vie, Chouaïdou lui se tourne vers les études à travers lesquelles il ambitionne de devenir plus tard ce dans quoi il a excellé : le métier de journalisme. C’est ainsi qu’en juin 1985 et juin 1986, après des études primaire et secondaire à l’école Tièba de Sikasso, Chouaïdou fut admis respectivement à la première puis à la deuxième partie du baccalauréat malien dans la série Langues et littérature au Lycée de Sikasso. C’est à partir de là que débute la vie d’adulte de Chouaïdou TRAORE tournée vers journalisme et par la suite diplomate.
Son double diplôme du baccalauréat en poche, Chouaïdou ayant à cœur le journalisme poursuit ses études supérieures et décroche son diplôme de journaliste reporter à l’institut Universalis de Liège en Belgique en obtenant 80% des points requis. Ayant des ambitions au-delà du journalisme, et toujours avec cette soif d’apprendre, Chouaïdou obtiendra par la suite un diplôme en sciences politiques à l’université américaine de Londres.
La vie du jeune homme ambitieux qu’il fut ne manqua aucunement d’apprentissage. Ainsi, il multiplia les formations et fut très vite repéré par les États Unis d’Amérique qui l’on a de multiples reprises sélectionné afin qu’il participe à des programmes du gouvernement d’Etat Américain tels que le programme de visiteur international des USA études système politique américain, ou encore le programme d’initiation à la vie socio politique et culturelle des USA sans oublier le programme destiné aux jeunes leaders africains (IVP) entre autres.
Dès l’obtention de son diplôme de journaliste reporter, le jeune et fougueux Chouaïdou TRAORÉ ayant soif de faire parler sa plume et défendre ses convictions démocratiques, débute sa carrière en tant que journaliste indépendant, ce jusqu’en Février 1990. C’est au cours de ce mois ou Chouaïdou TRAORE et plusieurs de ses confrères, Sadou Yattara et Maimouna Traore, à l’aide de l’ONG suisse Tiessiri So, ont marqué le domaine journalistique malien en créant le journal Aurore. C’est à travers ses écrits emblématiques et qui resteront gravés dans les mémoires des maliens que Chouaïdou TRAORÉ a combattu le régime dictatorial du président Moussa TRAORÉ et a contribué à la chute de ce dernier. Connu pour sa plume poignante et visionnaire, Chouaïdou TRAORÉ ambitionnait bien plus grand. C’est ainsi qu’en septembre 1991 il décida de prendre son envol et créa le journal Nouvel Horizon, premier quotidien privé du Mali. Une première au Mali car à cette époque, aucun journal privé ne paraissait tous les jours, soit du lundi au vendredi !
Visionnaire et largement en avance sur son temps, Chouaïdou TRAORÉ S’inspira du modèle américain ou des éditions paraissaient le matin et d’autres dans l’après-midi et créa en 1996 un deuxième quotidien dénommé « Le soir de Bamako » et qui existe toujours à nos jours.
Entre temps, l’amoureux du journalisme ayant rencontré son âme sœur a convolé en justes noces en juillet 1991 avec celle qui fut son épouse jusqu’à son décès, Hanane Keita. Hanane et Chouaïdou eurent quatre enfants dont trois filles et un garçon que sont Sarah, Awa, Nafissa et Abdourahmane.
DU JOURNALISTE AU DIPLOMATE

Chouaïdou TRAORE fut un acteur de la révolution de 1991. Une fois le régime du président Moussa Traoré tombé, Chouaïdou se lia d’amitié avec celui qui sera le deuxième président démocratiquement élu du Mali à savoir le Général Amadou Toumani TOURE. De 1992 à 2002, Chouaïdou se consacre à ce qui le passionne le plus, le journalisme et son combat pour le respect des Droits Humains et la démocratie. Durant cette décennie, Chouaïdou multiplie les formations et les voyages à travers le monde. En 2002 à l’issue de l’élection du président Amadou Toumani TOURE, ce dernier qui aura bénéficié du soutien de Chouaïdou et en qui il place une grande confiance, décide de le nommer Consul Général du Mali à Djeddah, capitale économique de l’Arabie saoudite. C’est par décret présidentiel en date du 29 janvier 2003 que Chouaïdou TRAORÉ est officiellement nommé à ce poste. Quelques mois plus tard Chouaïdou et famille s’envolent pour la ville de Djeddah. En cette terre sainte de l’Islam Chouaïdou entame sa vie de diplomate. Près de dix années durant, celui dont le surnom a été « Excellence » a su apporter sa touche au sein de la communauté malienne résidente dans ce pays. Rassembleur, et toujours prêt à trouver des solutions, Chouaïdou TRAORE a permis à bon nombre de maliens en situation administrative délicate dans ce pays de la régulariser. Toujours à l’écoute, Chouaïdou Traoré de son sens élevé d’empathie a été un grand frère pour beaucoup qui étaient en situation délicate et dans le besoin d’une assistance sociale. Quant à la coopération, entre les deux pays, l’homme a permis la redynamisation des relations entre les deux pays.
C’est au cours de cette carrière diplomatique que Chouaïdou aura côtoyé de nombreux présidents dont Moussa TRAORÉ venu effectuer la Oumrah ou le pèlerinage musulman en Arabie Saoudite. Il aura aussi durant une courte période, côtoyé celui qui est aujourd’hui l’un des plus grands ennemis du Mali, Iyad Ag Ghali que le président Amadou Toumani Touré avait nommé en qualité de conseiller au consulat du Mali à Djeddah avant qu’il ne soit déclaré persona non grata par les autorités saoudiennes le 06 mars 2010. En sa qualité de consul général Du Mali, Chouaïdou TRAORÉ aura permis aux pèlerins maliens d’effectuer le hajj dans les meilleures conditions possibles. Durant huit ans, il s’assurait que chaque pèlerin malien soit choyé et puisse accomplir ce pilier essentiel de l’islam dans les meilleures conditions. De jour comme de nuit, Chouaïdou donnait son meilleurs pour la communauté malienne en Arabie saoudite. Des efforts et une dévotion qui lui auront permis d’avoir la réputation du meilleur consul général que le Mali ait connu à Djeddah. Encore aujourd’hui, les maliens y résidant parlent de lui. Ce séjour sur la terre sainte aura aussi permis à feu Chouaïdou Traoré d’effectuer le hadj au moins huit (8) fois.
DE LA DIPLOMATIE À LA COURSE POUR LA PRÉSIDENCE
Après près d’une décennie en qualité de consul général du Mali à Djeddah Chouaïdou a été appelé à revenir au bercail. De retour au pays, Chouaïdou s’est de nouveau consacré à ses entreprises de presse qu’il avait mises en gestion libre et a de nouveaux projets. Parmi ceux-ci, la course pour la magistrature suprême.
En 2013 alors que le pays vient de connaitre un autre coup d’Etat et qu’une élection démocratique doit se tenir, Chouaïdou décide de battre campagne. Dans cette quête du pouvoir, Chouaïdou fait de nombreuses propositions au peuple malien. Visionnaire et en avance sur son temps, c’est plus de douze ans après que ses projets de campagnes sont mis en œuvre par les autorités de la transition. Parmi ceux-ci, l’installation de nouvelles bases militaires dans les régions les plus difficiles et plus hostiles du Nord et du Nord-ouest ; l’acquisition de moyens logistiques performants et de dernière génération pour les forces armées maliennes ; la création effective de 19 régions ; la réduction du train de vie de l’Etat, la lutte contre la corruption ; la réforme du secteur de la justice et bien d’autres. Quelques temps après le début de la campagne, Chouaïdou décide de se rallier à son frère et ami de longue date Ibrahim Boubacar Keita, et ce à la demande du futur président de la république.
De 2013 à 2015, Chouaïdou se consacre à ce qu’il a de plus cher, ses journaux et sa famille. Chef de famille aimant et toujours soucieux de son prochain, Chouaïdou fut un père, un frère, un neveu, un fils , un ami qui n’avait que pour seul but de voir son entourage heureux. C’est le 12 novembre 2015 qu’Allah rappela à lui Chouaïdou TRAORÉ. Il laissa derrière lui une épouse, quatre enfants, une famille des proches et amis meurtris. Aujourd’hui, dix ans après son départ son œuvre se poursuit à travers son épouse, ses enfants et ses collaborateurs qui ont fait le choix d’honorer sa mémoire. Chouaïdou, homme de cœur, de conviction, de savoir et de partage restera à jamais gravé dans nos mémoires et dans nos cœurs.
Qu’Allah Soubhana Wa Taala l’agrée dans son paradis éternel !
REMERCIEMENTS
Nos remerciements vont à tous ceux qui de près ou loin ont contribué à cet hommage. Nos remerciements aux amis, collaborateurs et toute autre personne qui de près ou de loin n’ont cessé de manifester leur soutien au cours des dix dernières années. Le chemin fut certes long et rempli d’embuches mais le combat se poursuit. À ceux qui nous ont soutenu durant ce long voyage par leurs mots, leurs gestes ou leur présence, nous vous disons merci ! À ceux qui au cours des dix dernières années jusqu’à nos jours qui se battent quotidiennement pour que continuent à vivre les œuvres de Chouaïdou, Nous disons merci ! À ceux qui de tout temps ont eu une pensée pour la famille du défunt, nous disons merci ! Rien n’est plus dur que de voir un chef de famille être rappelé à Dieu et devoir remonter la pente.
À nos lecteurs, nos abonnés et tous ceux qui continuent à nous faire confiance et contribuer à notre essor, nous disons merci ! Souvent les mots ne suffisent aucunement pour exprimer toute la gratitude.
Merci Infiniment !
