LE PAM-MALI ET SES PARTENAIRES EN CONCLAVE POUR VALIDER LE RAPPORT DE DÉMARRAGE DE LA COMPOSANTE MICRO-ASSURANCE AGRICOLE

L’Hôtel Azalai Salam de Bamako a servi de cadre le mardi 9 décembre 2025, à l’ouverture de l’atelier national de validation de l’étude de démarrage de la composante micro-assurance agricole du programme AICRM au Mali. L’évènement était présidé par M. Yaya Nianfo, conseiller technique au Ministère de l’Agriculture, et a enregistré la présence du directeur pays par intérim du Programme Alimentaire Mondial (PAM) Mali , M. Ibrahima Diallo, de la représentante de la Mutuelle Panafricaine de Gestion des Risques de Catastrophe (ARC), du représentant du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD), du Coordinateur national du Projet Multi-Énergies pour la Résilience Intégrée des Terroirs, ainsi que des représentants de plusieurs départements ministériels, institutions étatiques et agences sœurs des Nations unies.
L’objectif général de l’atelier est de valider les résultats de l’étude de démarrage tout en recueillant les contributions des acteurs clés pour finaliser la stratégie de renforcement de la micro-assurance dans le cadre de la mise en œuvre du programme AICRM au Mali.
Le Programme de gestion intégrée des risques climatiques en Afrique, intitulé Renforcer la résilience des petits exploitants agricoles face aux impacts du changement climatique dans sept pays sahéliens de la Grande Muraille Verte AICRM en abrégé est soutenu par le Fonds Vert pour le Climat (FVC). Le projet, d’une durée de six (6) ans, couvre le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et la Gambie.
Le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) est l’entité accréditée porteuse du projet, tandis que le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est chargé de la mise en œuvre de la composante liée au développement de la micro-assurance au profit des petits exploitants agricoles.

Au Mali, le programme est mis en œuvre à travers le projet MERIT (Multi-Énergies pour la Résilience et la Gestion Intégrée des Terroirs), bénéficiant d’un cofinancement du FIDA et du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). En tant qu’unité de gestion, MERIT assure la coordination de toutes les activités du programme AICRM.
Le programme repose sur une approche intégrée articulée autour de trois composantes. Il vise également à renforcer les investissements de base du FIDA, tout en favorisant les synergies et complémentarités avec des initiatives telles que le projet MERIT, le Programme conjoint Sahel en réponse aux défis COVID-19, conflits et changements climatiques (SD3C), et le Projet de financement inclusif des filières agricoles du Mali (INCLUSIF).
À cet effet, le PAM-Mali est responsable de la mise en œuvre de la composante micro-assurance (3.1), destinée à protéger les petits producteurs contre les risques résiduels (sécheresse, inondations, etc.) et à prévenir le recours à des stratégies d’adaptation négatives.

C’est dans ce cadre qu’une étude de démarrage a été réalisée par le PAM avec l’appui d’un consultant externe, afin d’obtenir une compréhension claire du contexte national, de l’offre, de la demande, des aspects réglementaires ainsi que des besoins de renforcement des capacités. Cette analyse permettra de développer une approche efficace et durable pour la micro-assurance agricole au Mali.
Selon le représentant et directeur pays par intérim du PAM Mali, M. Ibrahima Diallo, « l’atelier qui nous réunit ce matin s’inscrit dans un processus de concertations inclusives avec tous les acteurs de l’écosystème des assurances inclusives : structures publiques, compagnies et conseils d’assurance, organisations de producteurs, banques et systèmes financiers décentralisés, instituts de recherche, fournisseurs de données météorologiques, fournisseurs d’intrants, opérateurs de téléphonie, ONG ainsi que partenaires techniques et financiers ».
Il a exprimé l’espoir que les recommandations des participants permettront d’apporter les ajustements nécessaires, de favoriser l’appropriation de la démarche par l’ensemble des acteurs nationaux de la souscription au versement des indemnités et au suivi post-indemnisation et de définir la meilleure approche pour l’introduction de la micro-assurance agricole dans le projet AICRM.
Par ailleurs, il a salué les efforts du Gouvernement malien visant à créer un environnement propice au développement et à la vulgarisation des solutions assurantielles, citant notamment le « Comité de pilotage pour la mise en place de l’assurance agricole au Mali », créé auprès du ministre de l’Économie et des Finances pour soutenir l’élaboration d’un modèle opérationnel de compagnie d’assurance agricole.

Quant au représentant du Ministre de l’Agriculture, non moins secrétaire permanent du CILSS, M. Yaya Nianfo, il a déclaré que la validation de cette étude constitue une étape fondamentale. Il s’agit, selon lui, de s’assurer collectivement que la stratégie qui en découlera et sera pertinente, ancrée dans le contexte national, et qu’elle s’intégrera harmonieusement à toutes les initiatives existantes.
Il a également rappelé l’importance du contexte dans lequel s’inscrit cet atelier, soulignant le rôle central de l’agriculture dans l’économie malienne. Les agriculteurs, véritables piliers de l’économie et moteurs des ambitions de souveraineté alimentaire, sont en première ligne face aux effets des changements climatiques, qui affectent leurs récoltes, compromettent leur sécurité alimentaire et affaiblissent la résilience des systèmes agricoles.
S’adressant aux participants, M. Yaya Nianfo a ajouté : « Vos expertises, vos expériences diverses et vos critiques constructives sont indispensables pour garantir la réussite de cette campagne. »
Il a notamment invité les participants à examiner avec rigueur et bienveillance les résultats présentés, à partager franchement leurs observations et recommandations, et à identifier ensemble les ajustements nécessaires pour assurer le succès opérationnel de la composante micro-assurance.
Alpha C. SOW– NOUVEL HORIZON
