« Sans la participation pleine et entière des femmes rurales, aucun développement durable n’est possible ! »

Les femmes jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et le développement agricole, notamment dans les zones rurales. Afin de les célébrer il leur est dédié chaque année une journée dénommée « journée mondiale de la femme ». C’est dans le cadre de la célébration de cette journée au Mali que la Commune rurale du Mandé, Ouezzindougou, a abrité, hier mercredi 15 octobre 2025, la cérémonie de lancement des activités de la célébration conjointe de la Journée internationale des Femmes Rurales et de la Journée mondiale de l’Alimentation, édition 2025. Pour cette année, le thème national retenu pour la Journée de la Femme Rurale est : « Investir dans l’agroécologie féminine pour la résilience des femmes rurales face au changement climatique ». Quant à la Journée mondiale de l’Alimentation, elle a thème cette année : « Main dans la main pour des aliments et un avenir meilleurs ».
L’événement qui était présidé par le ministre de la Réforme de l’État, Bakary Traoré, représentant le Premier ministre, a noté la présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma ainsi que la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, le ministre Commissaire à la Sécurité Alimentaire…entre autres. D’autres personnalités notamment la Présidente de la Fédération Nationale des Femmes Rurales du Mali, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des autorités traditionnelles et coutumières de Ouezzindougou ont aussi fait le déplacement.
La Journée internationale de la Femme Rurale (JIFR), instituée par l’Assemblée Générale des Nations Unies à travers la résolution 62/136 du 18 décembre 2007, invite les États membres et les organisations internationales à améliorer la situation des femmes rurales dans leurs stratégies de développement global.
Elle constitue une occasion de rendre hommage aux femmes qui ont contribué à l’esprit de la Plateforme d’action de Beijing et de rappeler l’importance de leur travail. Cette journée reconnaît le rôle et l’apport décisifs des femmes rurales — notamment autochtones — dans la promotion du développement agricole et rural, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté en milieu rural.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Refondation de l’État, représentant le Premier ministre, a souligné avoir retenu plusieurs plaidoyers, notamment celui du Président de l’APCAM relatif à l’intégration du monde rural au RAMU.
Il a assuré que toutes ces préoccupations seraient transmises au gouvernement. Il a rappelé que la Journée internationale des femmes rurales est célébrée chaque année le 15 octobre pour mettre en lumière le rôle et la situation des femmes des zones rurales, notamment en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de lutte contre la pauvreté. Quant à la Journée mondiale de l’Alimentation, elle est célébrée le 16 octobre afin de stimuler l’investissement dans l’agriculture, moteur essentiel de l’économie dans la plupart des pays.

OBJECTIF « FAIM ZÉRO »
Pour sa part, le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma, a affirmé que célébrer l’alimentation, c’est aussi célébrer celles et ceux qui la rendent possible, à savoir : nos paysannes, nos transformatrices et nos commerçantes.
« C’est pourquoi il est juste et symboliquement fort que nous célébrions, le même jour, la femme rurale, cette héroïne silencieuse de nos villages », dira-t-il, ajoutant que la journée conjointe est célébrée cette année dans un contexte mondial marqué par de graves problèmes de sécurité alimentaire, causés par la crise climatique, la dégradation de l’environnement et l’appauvrissement de la biodiversité, auxquels s’ajoutent les conflits armés et d’autres urgences humanitaires.
D’où la nécessité pour les gouvernements d’appeler les acteurs du monde agricole, en particulier les femmes rurales, à renouveler leurs engagements pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), grâce à l’adoption de stratégies plus résilientes face aux défis du changement climatique. Le ministre Kéléma a réaffirmé que le gouvernement du Mali ne ménagera aucun effort pour accélérer la réalisation de l’ambition commune d’atteindre l’objectif « Faim Zéro » et de réduire la pauvreté rurale.
Pour lui, la Journée mondiale de l’Alimentation est aussi un rappel de la nécessité d’agir plus vite pour bâtir un avenir où plus personne ne sera laissé pour compte, où chaque Malienne et chaque Malien aura accès à une alimentation saine et diversifiée.
LES FEMMES À L’AVANT-GARDE
Quant à la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo, elle a lancé un appel à « l’engagement collectif et à l’action ». Elle a rappelé que la production agricole, pastorale et halieutique représente environ 40 % du PIB du Mali et emploie plus de 80 % de la population active (Rapport FAO 2022 sur le suivi des politiques agricoles et alimentaires).
Les femmes rurales constituent environ 65 % de la main-d’œuvre agricole, jouant un rôle essentiel dans la production alimentaire et la sécurité économique des ménages. Elles sont les gardiennes des semences, préservent la biodiversité, planifient la diversification des cultures et transmettent des savoirs agroécologiques hérités de générations. Leur rôle dépasse la simple production agricole : elles portent la nutrition des familles, la résilience climatique de nos terroirs et la durabilité de nos systèmes alimentaires. Leur courage et leur savoir constituent l’un des plus grands patrimoines de notre nation.
À noter qu’au cours de cette journée, des attestations ont été décernées à des personnalités qui se sont illustrées par leurs actes, notamment le président de la Transition, ainsi que le premier Ministre et d’autres membres de Gouvernement.
