POINT DE LA SITUATION DU PAIEMENT DES COTONCULTEURS MALIENS ET DE LA CAMPAGNE AGRICOLE EN COURS PAR LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET LE PDG DE LA CMDT

Dans le cadre de l’optimisation des activités agricoles pour la nouvelle campagne 2025-2026, en particulier la campagne cotonnière, et afin de couper court à toutes les spéculations sur les réseaux sociaux concernant la campagne précédente, le ministre de l’Agriculture, M. Daniel Siméon Kéléma, accompagné de certains responsables relevant de son Département, était face à la presse hier, mercredi 25 juin 2025, dans la salle de conférence dudit Département. L’objectif de cette rencontre avec les hommes de médias était de faire le point sur le déroulement de la campagne agricole en cours. En plus du ministre, étaient présents le Président Directeur Général (PDG) de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), M. Kouloumégué Dembélé, le Directeur National de l’Agriculture, M. Yacouba Souleymane, le représentant des cotonculteurs, M. Yacouba Traoré, ainsi que les représentants des services techniques du monde rural.
Au cours de cette rencontre, le ministre Daniel Siméon a été très clair, affirmant que cette campagne ne sera prise en otage par personne. « Nous veillons au grain pour qu’elle soit exécutée à la lettre comme convenu. Le Gouvernement et la CMDT assumeront pleinement le retrait de certains fournisseurs d’intrants, et très prochainement, la CMDT lancera un nouvel appel d’offres pour remplacer ces fournisseurs défectueux », a-t-il fait savoir.

Les assurances du ministre Kéléma

Le ministre de l’Agriculture, de préciser : « J’ai organisé cette rencontre ce matin pour partager certaines informations sur le démarrage de la campagne agricole 2025-2026 ».
Selon lui, le plan de campagne va au-delà de la cérémonie du jour. Il couvre l’ensemble des domaines d’intervention dans le secteur agricole, notamment le secteur rural. « Aujourd’hui, il s’agit surtout de la composante production végétale du plan de campagne. Avec l’enregistrement des pluies dès le mois de mars 2025, cela a déjà donné le ton pour le démarrage effectif de la campagne. Il y a beaucoup d’interrogations aujourd’hui : est-ce que la campagne a démarré ? Est-ce qu’elle n’a pas démarré ? C’est pourquoi nous avons tenu à organiser cette rencontre, pour donner quelques éclaircissements et que chacun sache que les campagnes agricoles se suivent, mais ne se ressemblent pas », dira le ministre de l’Agriculture.
Ensuite, il ajoutera qu’« une campagne à une autre, ce n’est jamais la même situation. L’année dernière, à la même période, on s’inquiétait de savoir s’il y aurait de la pluie ou non. Cette année, il y a eu des pluies précoces qui ont même occasionné des dégâts, notamment au niveau de la région de Sikasso, sur la culture de la pomme de terre. Depuis le mois de mars, nous enregistrons des pluies par endroits, ce qui a permis l’installation de certaines cultures, notamment celle du coton ».
Il a ensuite remercié l’ensemble des cotonculteurs, surtout ceux qui ont la main à la pâte et qui sont sur le terrain, pour leur résilience et leur bonne compréhension, malgré certaines difficultés rencontrées cette année.
« Cette année, nous avons connu un certain retard dans le paiement du coton-graine, mais la situation est en train d’être corrigée très rapidement grâce à l’appui des plus hautes autorités du pays et à l’engagement de tous», a-t-il dit.
Par ailleurs, le ministre a remercié les plus hautes autorités de notre pays, notamment le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, et le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, qui accordent une attention particulière au secteur agricole et gardent un regard constant sur les activités menées dans ce secteur, qui emploie plus de 70 % de la population active de notre pays.
Concernant les difficultés rencontrées le ministre a fait savoir : « Cette année, nous avons connu un retard dans le paiement du coton-graine, mais la situation est en train d’être corrigée très rapidement, grâce à l’appui des plus hautes autorités du pays, à l’engagement des banques, et je tiens à remercier l’ensemble des membres du Gouvernement qui ne ménagent aucun effort pour que cette situation, qui met le monde rural en difficulté, soit gérée dans les plus brefs délais. Toutes les dispositions sont prises pour que le paiement soit effectif dans les jours à venir ».
Concernant la mise en place des intrants agricoles, le ministre Daniel Kéléma a également précisé que cette situation est indépendante de la volonté du Ministère de l’Agriculture, car depuis septembre, des dispositions pratiques avaient été prises par les plus hautes autorités du pays et par le Département pour que l’approvisionnement en intrants soit couplé au transport du coton-graine. « C’est-à-dire qu’à l’aller, on dépose les intrants, et au retour, on transporte le coton vers les usines pour l’égrenage ».
Selon les explications du ministre, le processus a bien fonctionné jusqu’à la fin de l’année 2024. C’est à partir de janvier-février que certaines difficultés sont apparues, dues à la société elle-même. Après plusieurs tentatives, il a fallu prendre des mesures pour corriger cette insuffisance, ce qui a eu tout de même une répercussion sur l’évolution normale des choses.
Pour ce qui est du paiement du coton-graine, le Gouvernement est à pied d’œuvre pour que tout soit réglé dans les plus brefs délais.

Les données fournies par le PDG de la CMDT

À la suite du ministre, le Président Directeur Général (PDG) de la CMDT, M. Kouloumégué Dembélé, a présenté des statistiques relatives au paiement du coton-graine de la campagne écoulée, ainsi que les dispositions prises concernant l’aspect phytosanitaire. Il a également donné des informations sur les dispositifs mis en place pour la campagne agricole, parmi lesquels il a évoqué les principales difficultés et contraintes rencontrées lors du démarrage. Selon ses explications, celles-ci ne dépassent pas les capacités de la CMDT, et avec l’appui des plus hautes autorités ainsi que l’engagement de tous les acteurs du secteur agricole, en particulier du secteur cotonnier, toutes les dispositions sont prises pour assurer la réussite de la campagne agricole 2025-2026.
Par ailleurs, le PDG de la CMDT a rassuré que : « La campagne suit son évolution normale. Nous sommes dans les prévisions ». Il a, en outre, rappelé que chaque campagne a ses spécificités, mais que cette année, malgré les inquiétudes initiales, notamment liées à la livraison des engrais et au paiement du coton-graine, les indicateurs restent encourageants.
En ce qui concerne les emblavures, la CMDT avait prévu 672 000 hectares pour la campagne en cours. À la date du 24 juin, 255 548 hectares étaient déjà emblavés, soit un taux de réalisation de 38,03 %, contre 26,90 % à la même période en 2024. Ce chiffre démontre une avance notable sur le calendrier, ce qui justifie l’optimisme affiché par les responsables.
Sur la question sensible du paiement des cotonculteurs, M. Kouloumégué Dembélé a reconnu que les retards suscitent des inquiétudes légitimes. Toutefois, il a tenu à rassurer que « 63,88 % des paiements ont déjà été effectués », un niveau légèrement supérieur à celui de l’an dernier à la même période (63,38 %). Il estime qu’avec les efforts en cours, les paiements seront totalement bouclés d’ici la fin de la première semaine de juillet.
L’approvisionnement en engrais reste un défi de taille. Les taux de livraison, à la date du point de presse, sont de 43,23 % pour les engrais complexes coton et de 38,93 % pour les complexes…
Pour faire face à cette situation, des réunions hebdomadaires se tiennent sous la houlette du ministre avec tous les fournisseurs, afin d’identifier les blocages et y apporter des solutions. Certains contrats ont déjà été résiliés faute de capacité d’exécution, et un inventaire national des stocks disponibles est en cours pour anticiper les besoins à venir.

Prenant la parole, le représentant des cotonculteurs, M. Yacouba Traoré, a lancé un cri de cœur : « Le cultivateur cultive le coton pour subvenir à ses besoins. Si l’argent arrive en retard, il est obligé de vendre ses céréales, ce qui peut conduire à la famine ».
En réponse, le ministre de l’Agriculture a donné des assurances quant à la fourniture des intrants et au paiement du reliquat des cotonculteurs. Il a salué les efforts conjoints des différents Ministères, des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), ainsi que des fournisseurs pour la réussite de cette campagne.

Alpha C. SOW- NOUVEL HORIZON

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